S’évader de la prison de la performance

S’évader de la prison de la performance

Fini de culpabiliser de ne pas être assez bon. Fini de se botter les fesses pour s’y mettre. La vérité contre-intuitive pour faire des pas de géants.

Le talent est un mythe.

Mozart est un génie bien sûr. Mais Mozart s’est aussi exercé sans relâche dès les premières années de sa vie.

Nous aimerions aussi devenir des génies dans notre domaine. 
Que ce soit dans l’art, le sport, le travail ou les relations.

En tout cas, moi ça me plairait.
Malheureusement, il y a mes projets et la réalité.

Je suis motivé.
J’en parle aux autres.
Je me lance.
Je me fixe un objectif de fou.
Je fais un peu.

C’est dur.
J’en fais un peu moins.

J’obtiens peu de résultats.

On me demande comment ça avance.

Je suis gêné.

Je suis moins motivé.

Je trouve des excuses
Je trouve autre chose.

La boucle recommence.
Je suis prisonnier.


Ce n’est pas toujours évident de faire les petits pas qui mènent à l’excellence. Il y a beaucoup d’obstacles qui se dressent entre mon idéal et moi.

Au final, je stagne.

Mais peut-être que ce serait plus facile si les choses étaient différentes.
Mais peut-être que ce n’est pas à cause de ces obstacles.

Mais peut-être que c’est à cause de moi.
Mais peut-être que je ne suis pas « assez bien ».

Ou peut-être que j’ai simplement pris tout le problème à l’envers…
 


Une histoire de pot ?

J’aime beaucoup cette histoire que raconte le blogueur Derek Sivers.

Un professeur de poterie décide de mener une petite expérience. Il divise une classe de débutants en deux groupes. Le niveau de ces deux groupes est égal.

Les élèves du premier groupe doivent viser la qualité. Les élèves doivent présenter une seule poterie à la fin du semestre : ils seront notés sur cette unique réalisation.

Les élèves du second groupe doivent viser la quantité. Les élèves doivent utiliser un maximum de matière première et ils seront notés sur le poids total de terre utilisée.

À la fin du semestre, le professeur note chaque élève en fonction de son groupe.

Mais le professeur veut savoir quelle méthode d’apprentissage portera le plus de fruit. Tous les élèves soumettront donc aussi une poterie à un concours où leur travail sera évalué par un jury. Ce jury ne sait rien du tout de la petite expérience du professeur.

Et surprise…

Alors même qu’on avait demandé au premier groupe de viser la perfection dès le début du semestre…

Ce sont les élèves du second groupe qui ont obtenu de bien meilleurs scores.

Pourquoi ?

Parce que les gagnants ont produit beaucoup plus de poteries.
 Sans se soucier d’être notés sur leur performance.
 

Oublie tes abdos et fais ton sport

J’ai commencé la musculation. Peut-être une dizaine de fois.
J’ai rarement tenu plusieurs semaines.
J’ai encore moins vu des résultats qui m’ont rendu fier.

Sauf depuis un an !


J’arrive à faire mes quatre séances par semaine (la plupart du temps).

Ma femme me complimente sur mes progrès.

Pourquoi ?

Avant, le sport était un prix à payer pour avancer.

Maintenant, j’aime ce rendez-vous avec mon frère.

Avant, je faisais ma séance en rêvant de mon futur corps.

Et comme le temps de livraison étant long, j’abandonnais.

Maintenant, je fais ma séance parce qu’elle me fait du bien.
Et comme je tiens le coup, des petits progrès apparaissent.

Avant, je faisais mon sport pour le résultat.

Maintenant, je fais mon sport pour l’effort en lui-même.

Et c’est un secret universel pour progresser :
Il faut aimer le processus et non le résultat.

Si nous modifions ce à quoi nous associons le plaisir et la douleur, alors nous ferons d’énormes progrès.

Viser le processus et non le résultat.
Viser le nombre de kilos de terre utilisés et non la poterie parfaite.
 

2 pages de merde par jour

L’un de mes auteurs préférés s’appelle Tim Ferriss. Une particularité de Tim est qu’il aime apprendre des « tops performers » de tous domaines. Il essaie d’obtenir d’eux les conseils clés qui permettent de faire le maximum de progrès.

Voici le conseil que Tim a obtenu pour devenir un meilleur auteur : écrire deux pages de merde par jour.

Qu’importe si les mots, les phrases et les paragraphes ne sont pas dignes d’un génie.
 Mais il faut écrire ces deux pages de merde par jour.

Écrire deux pages de merde et la journée est un succès.

À force, l’habitude d’écrire chaque jour est installée.
À la longue, l’auteur s’améliore.

Et deux pages ce n’est pas beaucoup. 
Nous pouvons facilement les écrire (surtout si ce sont des pages de merde).

La clé pour aimer l’effort est de se fixer des objectifs quotidiens bas, ridicules même.

Cet autre exemple m’a aussi marqué. 
Même si je ne souviens pas du nom de l’entreprise (IBM peut-être, ou quelque chose dans cette veine-là).

Les commerciaux d’une grande entreprise américaine ont vu leurs ventes exploser.

Pas parce qu’ils ont trouvé une nouvelle technique de vente.

Pas parce qu’ils avaient comme but de doubler leurs résultats.
Pas parce qu’ils étaient motivés par des bonus ou un concours.



Ils ont visé un objectif quotidien bas : passer un seul coup de fil à un prospect.

 S’ils passent leur coup de fil, leur journée est réussie.

Les commerciaux étaient libres de toute pression puisque l’objectif est si bas.
 Et quand la journée est déjà un succès, il est plus facile de passer le second appel.
 Puis le troisième… et le suivant…


Mais tout ce qui compte est de passer ce premier appel, même si c’est le seul de la journée.

Nous pouvons aussi placer la barre très bas.

Pour être sûrs de l’atteindre tous les jours.
Et faire quelques strikes au cours de l’année.

Quel est l’objectif ridicule que tu peux atteindre chaque jour ?
 

Si tu ne lis qu’une chose de cet article

En bref…

Il est facile d’être découragé, effrayé ou peu motivé.

Même pour des activités que nous aimons.

Même pour atteindre des objectifs bons pour nous.

Tout d’abord, décomplexons face à la perfection.
Rappelons-nous que nous obtenons la qualité uniquement en visant la quantité.

Ensuite, aimons l’effort et non le résultat.
À quoi bon devenir une rock star si nous n’aimons pas répéter tous les jours ?

Finalement, fixons-nous un objectif quotidien très bas.
Pour être sûrs de l’atteindre même les mauvais jours et de continuer à faire tourner la machine.

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